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Le
traitement du cancer repose sur la chirurgie,la radiotherapie
et la chimiotherapie. Ces methodes sont devenues moins mutilantes
et moins traumatisantes. De nouvelles therapies mergent : apporteront-elles
la rvolution therapeutique tant attendue ?
Le
Pr Jean-Pierre Grard, du Centre hospitalier de Lyon-Sud (Quotidien
du medecin du 3 juin 1998. Eurocancer 1998), considre
que 50 60 % des cancers guris le doivent la chirurgie, 30
40 % la radiotherapie, et le reste la chimiotherapie. Voil
qui a le mrite de la clart pour comparer limportance (et
lintrt) des differentes techniques. Est-ce dire que
la chimiotherapie prsente moins dintrt puisquelle
parat tre lorigine de moins de guerisons ? Cela nest
pas si simple.
Le cancer,
est comme un corps tranger qui se developpe lintrieur
de lorganisme. Le geste chirurgical qui permet denlever
la masse tumorale reste le meilleur moyen de lradiquer.
Mais
et il y a des mais ! Il faut que la tumeur soit accessible
(ce qui nest pas toujours le cas), bien individualise (avec
peu de ramifications dans les tissus environnants) et de petit
volume (au moment o elle a le moins de chance davoir essaim,
cest- dire-mtastas). Mais un cancer dit non oprable
ne signifie pas que le malade soit condamn. La localisation
de la tumeur (par exemple, une atteinte au cerveau ou dans la
moelle osseuse
) peut rendre lopration impossible
ou trop mutilante. La suppression de lorgane abm arrte
galement sa fonction, elle est souvent invalidante. Les laryngectomiss
qui perdent la voix en savent quelque chose ; tout comme les femmes
qui ont eu la totale , comme on disait autrefois. Et les stomiss
(auxquels on enlve des morceaux de clon ou de rectum)
En outre, le geste chirurgical est sans retour (mme si des reconstructions
sont parfois possibles), il peut affecter de façon definitive
la qualit de vie du malade.
Plutt que
dopter pour une ablation large, les cancrologues choisissent
souvent un moyen terme : ne retirer que le gros de la tumeur (cest
la chirurgie conservatrice) et saider de la radiotherapie
et de la chimiotherapie pour complter le travail.
La radiotherapie
consiste bombarder les cellules avec des rayons X capables de
traverser les tissus (donc sans pratiquer douverture) et
de provoquer des lsions de lADN des noyaux des cellules,
pour quils ne puissent plus se diviser.
Les radiologues
(ou radiotherapeutes) se heurtent deux difficults :
Dune
part, il faut procder au reprage le plus exact possible
dans les trois dimensions de lespace de lemplacement
de la tumeur et des tissus malins de maniere y concentrer le
flux des rayons. Dans le meilleur des cas, les tissus adjacents,
en avant, autour et en arrire de la tumeur sont galement irradis
(provoquant parfois des brlures trs douloureuses ou plus srement
des durcissements des tissus que lon appelle fibroses),
au pire la destruction dorganes importants.
Dautre
part, on doit tenir compte de la sensibilit particulire de chaque
tissu aux rayonnements. Il faut de 40 70 grays (mesure de la
dose dirradiation) pour striliser un cancer. Or une moelle
pinire peut supporter 45 grays, un foie 30, un rein 15. Si le
cancer se trouve au milieu de la moelle pinire, qui ne supporte
que 45 grays, on ne peut dlivrer les 70 grays ncessaires pour
tuer la dernire cellule cancreuse sans risquer doccasionner
du mme coup une paraplgie (paralysie des membres infrieurs).
Cest pourquoi la radiotherapie est dsormais fractionne.
La dose dirradiation est dlivre en plusieurs fractions
: de quatre cinq fois par semaine durant six huit semaines.
Dernier classique
en matire de cancrologie : la chimiotherapie. Au contraire de
la chirurgie et de la radiotherapie qui agissent localement, la
chimiotherapie est un traitement général vhicul par le sang.
Elle permet datteindre les cellules cancreuses partout
o elles se trouvent, prs ou loin de la tumeur primitive (en
particulier les mtastases). Elle a pour but de rendre impossible
la multiplication cellulaire. Cela vaut pour toutes les cellules
cancreuses mais galement pour les cellules renouvellement
rapide, comme les follicules pileux ou les cellules qui produisent
le sang. Cela explique pourquoi les malades sous chimiotherapie
perdent leurs cheveux, sont victimes danmie, de saignements,
de vomissements. Maux contre lesquels sont utiliss differents
adjuvants. Le cocktail chimiotherapique contient donc le produit
anticancreux proprement dit et dautres substances : anti-nauseux,
anti-aplasiants (Les anti-aplasiants limitent larrt
de fonctionnement de la moelle osseuse et les facteurs de croissance
facilitent le developpement des cellules sanguines), facteurs
de croissance, pour limiter les effets secondaires de la chimio
Cependant,
le cancer est un systme intelligent capable de djouer tous les
processus mis en place par lorganisme pour ralentir sa progression.
La mme intelligence le fait se prmunir contre les chimiotherapies.
Cest ce que lon appelle la chimiorsistance. Aussi
prfre-t-on dsormais lattaquer avec differents toxiques.
On parle alors de polychimiotherapie. Et on change de protocole
therapeutique, quand on ne constate pas de rponse de la tumeur
.
Depuis vingt
ans environ, prs de 600 000 produits naturels ou de synthse
ont t tudis. Cela sans progrs majeur.
A
la pointe du progrs
De nouvelles
approches anticancreuses sont ltude et, pour certaines,
dj lessai. Premire approche : limmunotherapie
qui consiste stimuler le systme immunitaire. Soit laide
danticorps susceptibles de se lier directement avec des
protines des cellules cancreuses. Soit laide de substances
: interleukines, interfrons, TNF (Tumor necrosis factor), facteurs
de croissance de globules blancs, qui sont normalement fabriques
par le systme immunitaire et participent la défense de lorganisme.
Soit encore selon le principe de la vaccination. Cette technique
a donn des rsultats prometteurs dans differents cancers
mtastass de la peau, de la prostate et du rein (Quotidien
du medecin du 26-octobre 1998, partir dun article du Lancet
du 24 octobre 1998.).
La deuxime
grande voie de recherche est la therapie gnique. On la
vu, le cancer provient de differents drglements au cur
de la cellule. On a dcouvert le rle dun gne, le p 53
, dans lidentification et la rparation de ces erreurs
de programmation. On a dcouvert galement que 50 % des cancers
se trouvaient associs une anomalie de ce gne. Lide
est donc de le rintroduire dans la cellule pour quil y
remette de lordre. La therapie gnique suscite actuellement
beaucoup despoirs justifis (voir
ALTERNATIVE SANT - LImpatient de janvier 1999).
Autre piste
explore : la re-diffrenciation. Plus un cancer est volu, plus
ses cellules se dmarquent du tissu dont elles sont issues, en
oubliant les caractristiques propres leurs fonctions. Lobjectif
est de les forcer se diffrencier nouveau pour leur faire
perdre leur pouvoir de multiplication. Des drivs de la vitamine
A sont utiliss cette fin dans certaines formes de leucmie.
Les succs obtenus, pour transitoire quils soient, ont modifi
radicalement un pronostic trs dfavorable.
Surtout, on
sintresse dsormais aux mcanismes qui permettent la
tumeur de grandir au dtriment des tissus qui lenvironnent.
On tudie le phenomene de langiognse (de angio: vaisseaux
sanguins, et gnse : developpement) qui se developpe autour de
la masse tumorale, et permet aux cellules tumorales de trouver
les nutriments dont elles ont besoin. On cherche limiter cette
angiognse pour affamer les cellules cancreuses. Deux molcules,
langiostatine et lendostatine, sont en cours dexprimentation
chez lanimal. On le sait, le cancer est arm, crit le
Dr Laurent Schwartz. Et si seulement nous parvenions nous saisir
de ses armes. Alors il serait vritablement en danger.
Ccile
Baudet impatient@regain-sante.com

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