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Interview
Dr Jean Seignalet

L’alimentation est prventive et curative

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vivre le cancer
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Le Dr Jean Seignalet, medecin immunologue l’hpital Saint-Eloi de Montpellier, enseigne aussi la facult de medecine de cette ville. Depuis dix ans, il s’intresse l’alimentation. Il est l’auteur de L’Alimentation ou la Troisime medecine (collection cologie humaine, Franois-Xavier de Guibert, 490 pages, 180 F.)

 

 

ALTERNATIVE SANT - L’Impatient : Qu’est-ce qui vous a amen en tant que medecin donner autant d’importance l’alimentation ?

Jean Seignalet : Je me suis guri d’une grave depression nerveuse en m’imposant un rgime alimentaire excluant les crales et les produits laitiers et riche en produits crus. Au bout de cinq mois, j’ai senti le calme revenir en moi et, quelques semaines plus tard, j’ai retrouv le sommeil et un fonctionnement crbral normal. J’ai alors pris conscience que, depuis de nombreuses annes, je souffrais parce que je m’alimentais mal. L’alimentation fait partie intgrante de la medecine et mrite mieux que le moins de sel pour les hypertendus et moins de sucre pour les diabtiques . Et, comme je suis d’un naturel curieux et que la plupart des maladies gardent leur origine mystrieuse, j’ai dcid d’exprimenter avec mes patients. J’ai cherch comprendre scientifiquement comment une nourriture inadapte pouvait entraner une pathologie. Et comment mettre en place un rgime performant et praticable par tous pour se soigner. Je n’ai plus aucun doute ce sujet : l’alimentation est la fois prventive et curative.

D’autres que vous ont explor cette voie ?

Depuis les dbuts de l’humanit, ce ne sont pas les rgimes alimentaires qui manquent. Mais, peu d’entre eux reposent sur une theorie scientifique fonde. Parmi tous ces rgimes, j’ai slectionn celui de la Dresse Catherine Kousmine, de Guy-Claude Burger et du Dr Jacques Fradin. Les deux premiers ont tabli le lien entre les modifications alimentaires au cours des sicles et l’apparition de certaines maladies rares autrefois. Et le Dr Jacques Fradin dmontre que, outre les prdispositions gntiques de chacun, les facteurs environnementaux sont dominants dans 90 % des maladies. Fort de ces constatations, chacun d’entre eux a labor son rgime (voir, ALTERNATIVE SANT - L’Impatient n 257).

Pensez-vous que l’alimentation intervient dans l’apparition du cancer ?

Deux cancers sur trois dpendent de l’alimentation. Attention ! je distingue les cancers hrditaires des cancers acquis. Les premiers sont lis des anomalies gntiques, tels certains cancers du sein ou du clon. Par contre, les cancers acquis (prs de 95 %), mme si l’on y trouve des gnes de prdisposition, sont essentiellement provoqus par certains facteurs environnementaux : l’alimentation, le tabac, l’amiante ou les virus dans le cas du cancer du col de l’utrus, par exemple.

Comment expliquez-vous le rle de l’alimentation dans l’apparition du cancer ?

L’alimentation moderne agit sur un organe cl, l’intestin grle.

- Elle contient des molcules que nos enzymes ne peuvent pas dgrader. De grosses molcules d’origine alimentaires vont donc s’accumuler dans la lumire digestive ( l’intrieur de l’intestin, Ndlr) ;

- Elle modifie la flore bactrienne qui va devenir une flore de putrfaction. Certaines bactries, plus ou moins pathognes, vont tre dtruites par les rponses immunitaires locales, librant de grosses molcules d’origine bactriennes ;

- Elle agresse la muqueuse du grle et peut la rendre trop permable. Ds lors, les grosses molcules, alimentaires et bactriennes, traversent la barrire intestinale et entrent dans le sang. Elles vont se dposer dans divers tissus et vont encrasser l’organisme. Cet encrassage empche les cellules saines et la matrice extracellulaire d’exercer leurs effets rgulateurs sur les cellules en cours de cancrisation. D’autre part, le processus mis en œuvre par l’organisme pour purer le milieu extracellulaire des macromolcules qui l’encombrent est gnrateur de radicaux libres. L’encrassage intracellulaire est, mon avis, la raison principale de la cancrisation des cellules. Certaines macromolcules trangres vont progressivement gner, voire bloquer le fonctionnement de divers rouages et l’accumulation des dchets va rompre certains quilibres physiologiques. Je reste persuad que cet empoisonnement prolong de la cellule finit par entraner des altrations de l’ADN nuclaire et par provoquer des anomalies gntiques qui conduisent au cancer.

Pourquoi avez-vous expriment avec vos patients le rgime ancestral ?

J’ai ralis une tude sur 1 000 personnes qui ont suivi ce rgime pendant quatre ans. Elles taient soit indemnes de cancers ou de leucmies, soit ayant dj eu un cancer mais considres comme guries. J’ai pris en compte tous les cancers (sauf ceux de la peau, essentiellement dus au soleil), mais j’ai gard le cancer du poumon condition que le patient ait cess de fumer. J’ai vrifi la valeur prventive de l’alimentation en comparant sur cette population le nombre attendu et le nombre rel de cancers apparus au cours du rgime ancestral. Le nombre attendu de cancers se situait 18,42, le nombre rel a t de 1. Il s’agissait, en fait, de la rcidive d’un cancer du sein, hormonodpendant pour lequel on avait eu le tort de ne pas donner de traitement antiœstrognes.

Que peut-on attendre du rgime ancestral dans le traitement du cancer?

Le nombre de dossiers, je tiens le prciser, est trop faible pour permettre d’valuer le rle curatif de ce rgime sur le cancer. Ce dont je suis certain, c’est que la dittique va dcrasser les cellules restes saines et leur permettre de jouer leur rle protecteur. Mais elle n’accomplira pas de miracles dans des formes volues et trs tendues. De plus, ces patients ont pour la plupart continu leurs traitements classiques. J’ai observ de bons rsultats sur un homme atteint d’un cancer de la prostate qui a, avec le rgime ancestral, vu son taux de PSA (antigne prostatique spcifique) passer de 15 5 et se maintenir ce niveau depuis trois ans. Et sur une femme atteinte d’un cancer du clon avec mtastase hpatique. Aprs un an de dittique, la mtastase n’ayant pas augment mais plutt diminu a t enleve chirurgicalement. Depuis trois ans, cette personne est en rmission complte. Mais, il faudrait beaucoup plus de dossiers pour apprcier rellement la valeur curative du changement d’alimentation. Ce rgime permet en tout cas de mieux supporter la chimiotherapie. En l’essayant, les personnes ne courent aucun risque : il est parfaitement quilibr et n’entrane aucune carence. Si la dittique n’est pas toujours efficace, elle apparat bel et bien comme un outil trs intressant utiliser.

Vous obtenez des rsultats intressants et pourtant vos collgues medecins ne croient toujours pas aux bienfaits de l’alimentation ?

Qu’ils ne croient pas cette theorie ou mme y soient indifferents, je peux le comprendre. Ce qui me surprend davantage, c’est qu’ils ne veuillent pas l’exprimenter. Je fais mon devoir en exposant ma theorie et je ne cherche pas de reconnaissance particulire. Je soigne gratuitement les personnes, je fais une douzaine de confrences par an pour transmettre mes ides aux medecins et au grand public.

Propos recueillis par Martine Laganier impatient@regain-sante.com


 

 

 

 

 

 

 
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