Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Selon
une enqute Ipsos de mars 1998, une majorit de Franais redoutent
le cancer et hsitent voquer cette longue et douloureuse maladie.
Mais les malades cancreux ou les ex- nont plus cette peur.
Ce phenomene est nouveau et devrait profondment modifier la pratique
de la cancrologie en France.
la suite
des premiers tats gnraux des malades du cancer organiss par
la Ligue contre le cancer en 1998, des malades et leur famille
ont t invits sexprimer sur leur vcu, leurs attentes
et leurs besoins. Leurs tmoignages constituent le livre : Les
malades prennent la parole (Le Livre blanc des premiers tats
gnraux des malades du cancer, ralis pour la Ligue contre la
cancer, d. Ramsay). Fait marquant, ces tmoignages aussi poignants
soient-ils ne suscitent pas la piti. Au contraire, ils forcent
ladmiration et rvlent un grand courage. Pas celui des
hros romanesques, mais un courage au quotidien, empreint dune
formidable soif de vivre et dun grand apptit pour le bonheur
et les choses importantes. Certes, ils disent tous que le cancer
nest pas une maladie comme les autres. Il sagit dune
lutte avec un ennemi qui flirte parfois avec la mort, mais elle
est un combat pour lequel ils trouvent, en eux, des trsors de
force et de dignit.
Les
critiques
Les tmoignages
forts, vrais, sont aussi marqus par de vives critiques. Parmi
les griefs le plus souvent formuls :- le manque de communication,
dexplication, dinformation de la part des medecins
lors de lannonce de la maladie, sur le choix des traitements
et au cours de ceux-ci ;- le manque de considration et dcoute
;- le manque dhumanisme concernant limpact physique,
psychologique, familial et social de la maladie ;- le manque de
soutien psychologique ;- le manque de suivi quand le malade quitte
lhpital.
Des
attentes
Parmi les
besoins considrs comme trs importants :- celui de parler de
ses doutes, de ses peurs et de ses angoisses ;- celui de partager
son vcu avec dautres malades et dtre soutenu par
des proches (familles ou amis) ;- celui de soulager la douleur.Parmi
les choses les plus difficiles vivre :- lattitude
lointaine de certains medecins ;- le cloisonnement entre le systme
sanitaire et le social ;- les froideurs et lenteurs de ladministration
: problmes dassurances, de prise en charge, obtention daides
financires, difficult de faire des projets, demprunter
de largent ;- la solitude.Cette expression des griefs et
des attentes des malades est nouvelle et dimportance. Il
sagit dune demande collective forte, relaye par les
associations, dont la Ligue. Le dialogue devrait perdurer et pourrait
changer radicalement la pratique de la cancrologie si les cancrologues
admettaient publiquement les succs relatifs de la lutte contre
le cancer. Quoi quil en soit rien ne devrait plus tre comme
avant.
Le
cancer est la maladie qui fait le plus peur (30 % des Franais
la redoutent beaucoup , 30 % pas mal ).
40
% des Franais associent le cancer lide de mort et dincurabilit.
33
% et 9 % des personnes se disent pas trs laise et
trs mal laise face un malade cancreux.
Rares
sont ceux qui pensent tre bien informs. Dailleurs, 31
% seulement croient quon gurit aujourdhui un cancer
sur deux ; 59 % ignorent que, plus on est g, plus on a de risque
davoir un cancer ; 51 % pensent quil noccasionne
pas plus de morts que le sida (alors que 140 000 Franais sont
morts du cancer en 1996, contre peine 3 000, la mme anne victimes
du sida)