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La distinction entre cancer du col et cancer du corps de l’utrus est importante car ce sont des affections trs differentes en termes de frquence, d’ge, de diagnostic, de pronostic et de traitement.

 


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L’utrus est un muscle de la forme et de la dimension d’une petite poire, en contact d’un ct avec le vagin et de l’autre reli par les trompes aux ovaires. Il est situ entre la vessie et le rectum dont il n’est spar que par une cloison trs mince. Il comprend deux parties, le corps de l’utrus, dans lequel prend place l’œuf fcond et le col de l’utrus, voie de passage entre le vagin et le corps de l’utrus, par lequel s’coule le sang menstruel ; le col est aussi la partie de l’utrus qui se dilate au moment de l’accouchement.

Le cancer du col de l’utrus

Il existe, pour dpister le cancer du col, un test simple et efficace : le frottis. Ce test permet de dceler les lsions prcancreuses (dysplasies), car, entre un col normal et un col cancreux, il existe un certain nombre d’tats intermdiaires. Le cancer du col concerne principalement les femmes de 40 45 ans, mais le risque existe aussi pour des femmes plus jeunes et aprs 50 ans.Le col de l’utrus est, comme le vagin, revtu d’un pithlium (tissu form d’une ou plusieurs couches cellulaires) trs pais et trs rsistant (pithlium pavimenteux stratifi) dans lequel 95 % des cancers du col vont trouver leur origine. Des saignements anormaux (en dehors des rgles) avant ou aprs la mnopause, ou encore des saignements ou des pertes stries de sang aprs des rapports sexuels, ainsi que des douleurs dans le bas-ventre voire des signes urinaires ou rectaux, doivent amener consulter.

Une MST ? non, mais…

Le cancer du col n’est pas une maladie sexuellement transmissible au sens strict du terme ; par contre, il est directement induit par un virus, prsent dans le sperme et contaminant, lors d’un rapport sexuel. 80 % des cancers du col de l’utrus sont associs au papillomavirus (HPV 16-18) de la famille des papillomavirus (des dizaines de varits). Ce virus est l’origine d’une des MST (maladies sexuellement transmissibles) les plus rpandues ; il provoque une infection des cellules du col utrin o il se developpe en transformant la cellule normale en une cellule cancreuse. Les condylomes ou verrues gnitales, trs contagieuses, sont dues un autre papilloma (HPV 6-11). Elles doivent absolument tre retires (lectrocoagulation au laser), car il est frquent que ce virus soit associ au virus HPV16-18. La prsence de l’un des deux doit faire rechercher celle de l’autre. Aucun traitement medicamenteux ne permet de les traiter. Le premier gne prdisposant l’infection par les papillomavirus, responsable aussi de maladies cutanes, a t rcemment localis par une unit de l’Inserm. Ce gne pourrait galement tre impliqu dans la prdisposition au psoriasis, une maladie de la peau qui concerne 2 % de la population française.

traitements en fonction des rsultats du frottis

bullet7.gif (140 octets) Les cellules prcancreuses, ainsi nommes parce qu’elles peuvent voluer vers un cancer, sont mises en vidence par le frottis. Elles peuvent rgresser, se stabiliser mais aussi s’aggraver, se transformer en cancer in situ, voire en cancer invasif. Statistiquement – mais un tre humain n’est pas une statistique –, il faudrait, en moyenne, selon les tudes, dix ans une lsion prcancreuse lgre (dysplasie) pour se transformer en cancer. Leur traitement fait l’objet d’un dbat dans le milieu medical, car il n’existe pas de traitement systmatique et identique pour toutes les femmes. Cela peut aller de la simple surveillance par frottis et colposcopie (examen du col la loupe binoculaire) une destruction des cellules par laser, lectrocoagulation ou encore cryocoagulation (destruction par le froid). Des examens de contrle seront pratiqus six mois plus tard. Dans une forme plus avance, la conisation, c’est--dire l’ablation d’une portion conique du col, peut tre propose. Cette intervention (voir interview, page 38) prserve l’utrus et permet la femme jeune de conserver la possibilit de mettre des enfants au monde. ce stade de la maladie, les chances de guerison sont quasiment de 100 %.

bullet7.gif (140 octets) Le cancer in situ (carcinome in situ) est ainsi nomm car il est localis et respecte les tissus voisins. Tout cancer, avant de former une tumeur et devenir invasif, a pour origine un petit noyau de cellules qui se sont multiplies. Or, le cancer du col est pratiquement le seul pouvoir tre dpist ds l’apparition des premires cellules cancreuses. Au stade invasif, les traitements seront fonction de chacune, de son ge, de l’importance de la tumeur et de l’extension aux organes environnants. Les perspectives de soins sont la chirurgie : ablation totale de l’utrus (corps et col), voire des ovaires et des trompes, ou bien une chirurgie encore plus large qui enlve une partie du vagin. La radiotherapie peut prcder, avec : soit une irradiation externe sur la rgion pelvienne en plusieurs sances sur plusieurs semaines, soit une curietherapie (des radiolments sont placs directement en contact avec les tissus). Des tudes rcentes menes aux tats-Unis semblent faire tat de rsultats prometteurs avec l’association radiotherapie et chimiotherapie base de cisplatine.

Les espoirs des chercheurs se portent vers un vaccin contre le papillomavirus (gnie gntique), principal responsable du cancer, mais aussi vers un test de dpistage du virus qui permettrait de dtecter les femmes risques. Ce test de dpistage, d’un cot de 250 F, n’est pas rembours par la Scurit sociale.

Le cancer du corps de l’utrus

La cavit utrine est tapisse par une muqueuse (endomtre) dpendante du cycle hormonal de la femme et qui se transforme au gr des cycles et des ges de la vie. C’est cette muqueuse qui est atteinte, rarement le muscle utrin. Les facteurs de risque sont lis la vie hormonale et l’exposition prolonge aux œstrognes. Par exemple, une mnopause tardive, une irrgularit des cycles, l’obsit. Autres facteurs de risques : le diabte, l’hypertension, Ce cancer du corps de l’utrus survient dans la majorit des cas aprs la mnopause, avec une incidence  maximale entre 60 et 70 ans. Son dpistage n’est pas facile car il est souvent indcelable au frottis. Les circonstances de la dcouverte sont la plupart du temps lies des saignements abondants et de couleur bruntre, et des douleurs dans le bas-ventre.En cas de doute, le gynecologue propose un certain nombre d’examens : un prlvement du tissu endomtrial, suivi d’une biopsie ; une chographie par voie vaginale qui permet de mesurer l’paisseur de la muqueuse (au-del d’une certaine paisseur, il y a problme) ; une hystroscopie faisant suite l’chographie permet de visualiser la cavit utrine et d’effectuer des prlvements. Les traitements : en chirurgie, l’hystrectomie totale (utrus, trompes ovaires) et parfois l’ablation des chanes ganglionnaires avoisinantes ; en radiotherapie, l’irradiation externe et la curietherapie. La chimiotherapie n’a que peu de place dans le traitement de ce cancer qui se developpe lentement et garde trs longtemps une extension purement locale. Il est donc trs accessible aux traitements et les mtastases sont trs rares.

Martine Laganier impatient@regain-sante.com

 

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