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LE GUIDE DES VACCINATIONS

Nous ne sommes pas gaux devant les vaccinations

la lueur de l’immunologie moderne, les vaccinations apparaissent comme une loterie. Une majorit de patients s’y retrouve, mais une minorit croissante risque d’y perdre plus que la mise.

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par Michel Georget Professeur agrg de biologie

Jusqu’ maintenant, la vaccination nous tait prsente d’une maniere trs simple. L’introduction dans l’organisme d’un agent infectieux (bactrie ou virus, attnus ou inactivs) ou de toxines attnues produites par cet agent (dans le cas des anatoxines) devait induire une premire atteinte contrle. But recherch : provoquer une raction de l’organisme susceptible de le rendre rsistant au mme agent virulent.Or, en 1991, deux chercheurs de l’institut Pasteur de Lille crivent qu’il faut changer notre maniere de penser la notion de vaccination, qui se prsente de façon infiniment plus complexe qu’autrefois ( Les nouvelles stratgies de la vaccination , article d’Andr Capron et Jean-Claude Ameisen, La Rvolution de l’immunologie (supplment La Recherche, novembre 1991). Jusqu’ prsent, il tait admis que tout agent tranger introduit dans l’organisme, appel antigne , provoquait comme effet le plus directement observable la production de molcules nouvelles, appeles anticorps.

Ces anticorps taient censs neutraliser l’antigne, selon le mme principe que l’interaction poison-contrepoison. Or, ce n’tait l que la partie merge de l’iceberg, car on ne savait que peu de choses du systme immunitaire. la fin du sicle dernier, Metchnikoff avait bien dcouvert le phenomene de la phagocytose. C’est--dire la propriete qu’ont certains globules blancs (leucocytes) d’englober et de digrer les bactries. Mais on ignorait peu prs tout de la complexit des mcanismes naturels de défense. Il y a deux sicles, Voltaire crivait, en substance : La medecine consiste introduire des drogues que l’on ne connat pas dans un corps que l’on connat encore moins bien. Cette citation pouvait encore parfaitement s’appliquer la vaccination, il y a peu de temps, et devrait continuer faire rflchir.Ce n’est que dans les annes 1960 que l’on a compris vritablement les deux aspects de la rponse immunitaire : rponse humorale, d’une part, avec les anticorps ; rponse cellulaire, d’autre part, avec les lymphocytes. Mais il faut distinguer deux catgories principales de lymphocytes, les lymphocytes B et les lymphocytes T, et prendre aussi en considration le rle du thymus, glande qui intervient dans la maturation des lymphocytes T. Enfin, on a dcouvert les sous-populations de lymphocytes T (dont Tc et Th), et plus rcemment les sous-populations de lymphocytes Th (Th 1 et Th 2). la suite des travaux de l’quipe du Pr Dausset, dans les annes 1960, les chercheurs dcouvrirent le systme CMH (Complexe majeur d’histocompatibilit)...

Alors que les groupes sanguins (A, B, AB, O, Rhsus) sont dtermins par la prsence de certaines molcules sur la membrane des globules rouges, les groupes CMH sont dus des molcules portes par la membrane de la plupart de nos cellules. Ces molcules ayant t dcouvertes pour la premire fois sur les globules blancs (ou leucocytes), ce systme est aussi appel HLA (Human Leucocyte Antigen). C’est ce systme que l’on recherche avant les transplantations d’organes, afin que le CMH du donneur soit aussi proche que possible du CMH du receveur, pour rduire au minimum la raction de rejet. Tous les lments de ce systme cooprent. Le schma rsume les interactions entre les composants connus du systme immunitaire et du CMH. La recherche a montr que l’organisme ne reconnaissait comme antigne qu’une ou plusieurs des molcules portes par l’enveloppe des agents infectieux ou scrtes par eux (toxines). La plupart de ces molcules sont des protines. C’est--dire des enchanements de plusieurs centaines d’acides amins dont l’organisme ne reconnat que de petites squences appeles peptides antigniques. Cette reconnaissance se fait directement par les lymphocytes B qui, ainsi stimuls, se multiplient et se transforment en cellules, appeles plasmocytes, capables de scrter des anticorps (partie droite du schma). Dans les cas les plus simples, ces derniers agissent par neutralisation. La mise en jeu des lymphocytes T est plus complexe...

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